La science citoyenne et la gouvernance de la contamination radioactive après Fukushima // disponible en ligne

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RÉSUMÉ

La catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 a engendré l’émergence de « citoyens scientifiques » qui ont surveillé la radioactivité au Japon. Ces derniers ont légitimé des points de vue alternatifs à une évaluation officielle des conséquences sanitaires du désastre. Cette présentation examine les enjeux liés à la science participative après Fukushima. En utilisant des études de cas de la science citoyenne, je décris comment les pratiques initiales de résistance par des acteurs non étatiques peuvent évoluer en collaboration avec les politiques officielles de l’état, soutenant des compréhensions hégémoniques des dangers liés aux contaminants, ainsi que des visions normatives de la récupération après une catastrophe. Bien qu’utile, l’impact croissant des sciences participatives fait aussi écho à un changement néolibéral dans la gestion de la contamination, conduisant à une réduction des dépenses publiques, une intervention gouvernementale minimale et une privatisation des risques, ce qui signifie que le risque devient une affaire personnelle plutôt que la responsabilité de l’état ou des pollueurs.

À PROPOS DU CONFÉRENCIER

Maxime Polleri est un anthropologue des technosciences qui s’intéresse à la gouvernance des désastres et des crises de santé publique (Université laval). Ses recherches principales ont porté sur la catastrophe nucléaire de Fukushima qui est survenue au Japon en 2011. Dans le cadre d’une politique de revitalisation soutenue par l’État japonais, il examine les pratiques de gouvernance et de contestation autour des risques radioactifs par l’intermédiaire de groupes différents. Ses recherches ont mis en évidence le lien entre les expériences multiples de l’exposition radioactive et les interprétations contradictoires de la reprise après un désastre nucléaire. 

En tant que chercheur affilié au Center for International Security and Cooperation à l’Université Stanford, il a aussi examiné les défis liés à l’énergie nucléaire de manière interdisciplinaire, tout en poursuivant des recherches sur les problèmes de gouvernance liés à la COVID-19. Parallèlement, il a étudié les systèmes mondiaux d’alerte aux épidémies lors d’une initiative de subvention canado-britannique d’intelligence artificielle. En tant que chercheur postdoctoral à la faculté de médecine de l’Université McGill, il a analysé les considérations éthiques et les biais potentiels liés à l’utilisation des médias comme source de données pour la surveillance des maladies infectieuses. 

Ce contenu a été mis à jour le 5 avril 2022 à 14 h 52 min.